LA DESERTUS BIKUS de JEREMY

Les courses d’ultra c’est pas que dormir 20 minutes assis dans des abris bus, c’est pas que traverser la moitié du pays de nuit, c’est aussi profiter des paysages, faire des rencontres tout en se dépassant. C’est ce qu’à vécu Jérémy lors sa 1ère course d’ultra, la Désertus Bikus !

Arrivée sur Anglet le mercredi 19 avril au soir dans un petit Airbnb à 2 km du départ, je prends mes marques et surtout j’essaie de me reposer après 6 heures de voiture. Je contacte le Captain Max pour enfin le rencontrer. Le jeudi matin, petite sortie dédiée aux derniers réglages de la bicyclette et l’après-midi je rejoins Max au QG Glaces Romane sans son grand patron Georges parti pour une grosse sortie vélo.

Vendredi 21 jour de course même si le départ est le samedi 22 à 00h01 je sens monter la pression puisque c’est mon premier Ultra, je n’ai jamais roulé plus de 200kms…ça promet. Mon but premier en m’inscrivant à la Desertus Bikus était de rencontrer un maximum de membres du Club et ensuite prendre un maximum de plaisir et d’expérience.

Après avoir fait un semblant de sieste et installé mes sacoches et ce qui constitue ma maison durant 6 jours ( mon OPEN WIDE ) je rejoins Max et toute l’équipe présente pour le départ ( Georges, Matias, Phil, Raphaël, Richard…).

Les selfies s’en suivent et nous y voilà…00h01 c’est parti pour la Desertus Bikus 2023, départ sous une pluie battante, je lance ma trace dans mon gps…et là première faute de débutant , je met ma trace totale soit un peu plus de 1400 kms de navigation…Chose que mon GPS n’approuve pas et je décide donc de suivre les lumières rouges des autres concurrents en attendant le CP1 à 330 kms de là. Pour couronner le tout mon écran tactile ne fonctionne plus à cause de la pluie…me voici à Saint Jean pied de Port où je perd 3 compagnons que je m’étais fait. Je passe en navigation via google map en désespoir de cause et je me retrouve après 80 kms, seul dans un col à 275 kms du CP1, il est 6h du matin et je reprends un orage…mon mental est mise à rude épreuve et le manque de sommeil se fait sentir aussi…Toutes les conditions réunies pour mettre le clignotant avec moins de 100 kms au compteur…C’est là que j’aperçois la lumière d’un cycliste qui arrive derrière moi…C’est le dossard 134 (Patrice), nous faisons course commune et je lui avoue qu’il m’a sauvé la vie et apparemment c’est réciproque, nous arrivons au sommet du col dont j’ignore le nom. Nous entamons la descente sous la pluie et dans le premier village nous faisons un premier arrêt , où nous rejoint un troisième copain dossard 205 (Paul). Tout 3 en délicatesse avec nos GPS nous roulons toute la journée jusqu’ à Ejea de los Caballeros. Il est 18h30/19h et pour ma part après une matinée sous la pluie et un après midi sur des longues lignes droites venteuses…Je décide de stopper pour la journée car je n’avance plus. Patrice est d’accord avec moi, je préfère recharger les batteries, passer une bonne nuit dans un hôtel et repartir tôt le dimanche pour faire une grosse journée. Paul préfère rouler encore et s’arrêter plus loin.

Jour 2, nous sommes dimanche et c’est un jour férié, nous partons un peu avant 6h avec la ferme intention de rejoindre le CP1 en milieu de journée pour se rapprocher par la suite au plus prêt du CP2. J’enclenche google Map et nous voilà parti pour 10 km de gravel par forcément prévus…Vers 8h30 nous nous arrêtons pour checker nos divers traces et c’est là que le dossard 161 le cuistot brésilien Iaman nous double, je l’avais rencontré le vendredi matin dans les locaux de “la course” et nous avions sympathisé. Nous prenons sa roue et lui demandons si nous pouvons rouler avec lui , chose qu’il accepte volontiers, pour un premier ultra il est toujours bon de rouler à plusieurs. CP1 validé à 12h48 et direction CP2, nous roulons jusqu’à un petit village sous une chaleur écrasante et au détour d’une rue, Iaman (expert en espagnol) demande à une dame si elle peut remplir nos bidons…Elle fait mieux que ça puisqu’elle sort des boissons fraîches, du jambon, du pain, des olives , une paella, du café , le tout sur une table de camping dépliée dans cette ruelle. Nous voilà refait pour la journée saluant +-au passage l’hospitalité espagnole. Le soir, après une journée à plus de 200 kms, nous stoppons notre effort dans un petit village où nous prenons une chambre d’hôtel et une pizza. Décidés à repartir tôt le lendemain (5h), Patrice préfère suivre son chemin et nous laisser Iaman et moi, nous avons le même rythme et Patrice estime avoir besoin de plus de repos. Jour 3 encore une longue journée de vélo sous le soleil où nous avançons bien mais pas suffisamment pour valider le CP2, pas grave, on sait qu’après une bonne nuit sur un lit on le validera le lendemain à 5h53 sans même vraiment s’en rendre compte puisqu’il fait nuit.

CP2 validé de nuit tôt le matin, après un rapide coup d’oeil sur le tracker go direction le CP3…On sait que plus de 500 kms séparent ces 2 check points et que par conséquent plus de 2 jours de vélo nous attendent, on commence à raccourcir les temps de pause et on essaie et on essaie de les optimiser…Le fait que Iaman parle quasi espagnol me fait gagner du temps et je lui serai éternellement reconnaissant. Les jours se suivent et la chaleur de l’après midi changent notre stratégie puisqu’après avoir traversé Guadalajara et avoir tourné autour de Madrid nous décidons d’arrêter quelques heures à Chinchon, pour se restaurer, dormir un peu et repartir à 23h pour une longue nuit au frais, une rapide sieste au sol derrière une église où je dors 20 minutes comme un bébé. Sieste salvatrice, petit déjeuner solide et direction Santa Cruz de Mudela en début d’après midi pour se ravitailler et essayer de dormir…On recharge les différents appareils dans une station pour partir en début de soirée à la fraîche, sans suit un bon 15kms de gravel en toboggan qui longent l’autoroute…cool, puis nous nous arrêtons dans un gros resto routier où le patron nous offre un verre de vin espagnol et nous propose de nous escorter jusqu’à une nationale abandonnée, super route large où s’enchaînent de grandes montées et de grandes descentes, nous sommes dans le dur et nous nous parlons très peu…j’suis comme ça quand ça va pas je ne suis pas très causant…Quelques heures plus tard nous nous arrêtons dormir prêt d’une fontaine à Santa Elena. 2h plus tard c’est reparti pour une longue journée, nous sommes alors jeudi et canicule ou pas il faut rouler si on veut arriver dans les 6 jours…Fin d’après-midi à 17h37 nous validons le fameux CP3 avec cet aller-retour dans du gravel…un massacre pour mes jambes mais un bonheur pour mes yeux. En gros ils nous restent 260 kms jusqu’à l’arrivée…Tellement peu et beaucoup à la fois…on remplit les bidons et nous visons Iznalloz pour manger et dormir quelques heures avant d’entamer une nouvelle nuit de vélo. On dort quasiment pas et nous repartons pour finalement dormir 2h dans un coin où de nouveau je dors comme un bébé. Après avoir trouver de quoi manger dans un bar et avoir bu un café c’est parti direction CP4 encore bien valloné… Nous arrivons à Iznajar en fin de matinée pour valider le CP4, des paysages magnifiques qu’il faut mériter à grand coup de manivelle…Et surtout de freins car les descentes sont raides et pour un piètre descendeur comme moi je suis un boulet pour Iaman…Nous faisons un casse-croûte à Iznajar et en gros plus que 100 km avant l’arrivée à Nerja. Quasiment 10h après j’arrive à Nerja au restaurant la Casa Dulce, lieu d’arrivée de cette Desertus Bikus 2023, Iaman est arrivée 15 minutes avant moi car nous nous sommes perdu de vue à 20kms… Je retiendrai tellement de choses de cette aventure…J’ai rempli mon objectif en arrivant en 6 jours et 21h mais au delà de ça je retiendrai l’esprit de camaraderie entre les concurrents…Le partage, j’ai fait beaucoup d’erreurs qui me serviront par la suite. Merci Iaman sans qui je ne serai peut être pas allé au bout, Patrice et Paul qui m’ont aidé à passer ce premier jour si important…

Vive le vélo, vive le voyage, vive les copains et merci à Fastclub d’exister !

La note Fastclub : Les non-dits ! Le groupe