La Race Across France 2600km de Christophe

Bonjour à tous, aujourd’hui c’est un grand jour, on vous présente et on interview un membre très très solide du club : Christophe Coulomb !!! A savoir déjà, que nous sommes très fiers qu’il soit dans le club, son engagement physique et sa sympathie son reconnu dans le monde entier ! 

Pour rappel très très rapide, Christophe est un multi-finisher de Bikingman et rien que cette année il en est à : Un bikingman Portugal (top 10), un Bordeaux Paris et une Race Across France 2600km !!!! 

On va revenir avec lui sur la RAF justement. 

Salut Christophe, 

Comment vas-tu ? C’est dingue tous ce que tu as fait depuis ce début d’année, tu arrives à récupérer ? 

Salut Max, ça va je récupère doucement. J’avoue avoir eu un gros coup de fatigue au retour de cette RAF qui m’a demandé beaucoup d’engagement physique et mental. Je traîne encore quelques douleurs à l’aponévrose, dans les mains, et au genou gauche, mais sinon ça va 🙂.

 Pour parler de la Race Across France, comment t’es-tu préparé ? C’est une épreuve plus longue que les autres ultra que tu avais fait, tu as pris un coach ? 

Je suis coaché par Arnaud Duval de chez Pic de Forme depuis juin 2019. C’est grâce à lui que j’ai découvert les différentes filières à travailler et la construction des séances d’entraînement. Arnaud me concocte des plans d’entraînement spécifiques et adaptés à mes objectifs, qui m’ont permis d’évoluer et entreprendre des défis qui me semblait inatteignable. Globalement, pour la RAF, j’ai intégré le Bikingman Portugal début mai puis Bordeaux Paris fin mai. L’entraînement lui-même est constitué de séances en travail spécifique sur home trainer et en extérieur pour la partie endurance notamment. 

Sur une épreuve de 2600km la gestion des nuits n’est pas la même que sur une course de 3 jours, avais tu prévue une stratégie spéciale ? Hôtel réservé à l’avance ?  Tente sur le vélo ? Duvet et cousin confortable ? 

Effectivement au vue de la longueur de l’épreuve, j’avais pointé des lieux de potentiel stop à l’hôtel pour pouvoir optimiser la récupération en plus des pauses micro sieste ponctuelles à l’envie sur le long du parcours. Je n’avais rien de réservé pour me laisser un maximum de liberté. Pour ce qui est de l’équipement embarqué j’étais équipé de ma fidèle doudoune et de mon bivvy qui permettent de me poser n’importe où.

En te suivant à distance on a pu voir que vous avez eu des conditions météo horrible, la course a même était arrêté à un moment, as-tu pensé à abandonner à cause de ça ? Etais-tu bien équipé pour de telles conditions ? 

La météo a été dantesque. C’est rapidement devenu pour moi une épreuve dans l’épreuve. J’ai plutôt la tête dure mais ces conditions m’ont fait vacillé mentalement. Ça a été une vraie claque pour moi tant le niveau de difficulté perçu fut important.

Je n’ai jamais pensé à abandonner car pour moi l’abandon n’est pas une option. Par contre au deuxième jour de l’épreuve, le fait d’être dans l’humidité permanente dans le cuissard m’a provoqué des douleurs de selle d’une extrême intensité. Je me suis retrouvé à transpirer de douleur sur le vélo. Je ne pouvais plus tenir la position assise très longtemps, ce qui m’a conduit à rouler plus en danseuse et ce qui a entraîné de nouvelles douleurs en réaction en chaîne. A ce moment précis j’étais inquiet et je me suis interrogé sur ma capacité à pouvoir continuer et résister mentalement, si toutefois le niveau de douleur devait s’accroître. Ensuite c’est la répétition des orages violents entraînant le fait de se retrouver arrêté brutalement et d’être complètement trempé à chaque fois qui me minait moralement. Je me suis donc surpris à me sentir faible et assez abattu, mais sans pour autant penser à abandonner.

Pour l’équipement, clairement je n’étais pas assez équipé pour affronter de telles conditions. Un pantalon ou short de pluie aurait été un atout de taille pour éviter de macérer dans une moiteur permanente dans le cuissard. Pour le reste, je m’interroge encore sur le type de vêtements à même de pouvoir affronter ce type de météo.

Sur une course aussi longue, le classement est accessoire, tu regardais de temps en temps ou cela ne compter absolument pas ? 

Je m’étais fixé un objectif personnel de 7 jours. Mais ma condition physique a été mise à mal très rapidement. Il n’était donc plus question de performance mais de survie. La course est devenue une aventure, un parcours initiatique où il m’aura fallu vaincre mes souffrances et user de beaucoup de ressources mentales pour ne rien lâcher et aller au bout quoi qu’il arrive. La notion de défi personnel a pris tout son sens sur cette épreuve. Le classement n’avait donc plus rien à voir avec ce que j’étais en train de vivre et était absent de mes préoccupations.

Peux-tu nous décomposer ta course en plusieurs point clés ? Par exemple si tu devais nous raconter les 5 moments important de la course ça serait quoi ? 

Le 1er moment clef pour moi c’est le 2eme jour. Jour de souffrance intense. Les douleurs de selle entraînent une sensation brûlure qui ne me lâche pas. La position assise devient une torture, je compense en me mettant en danseuse. Les heures passent et c’est maintenant mes mains et mes pieds qui me font souffrir comme si j’avais des hématomes. J’ai l’impression que mon corps m’abandonne et c’est dur quand t’as la tête qui veux avancer. J’essaie de diriger mon esprit sur autre chose, je mets de la musique, le doute s’installe.

 Le 2eme moment mémorable a été la traversée du centre de la France. La Sarthe notamment qui m’a semblé interminable. Des lignes droites à perte de vue dans lesquelles j’étais littéralement collé, sans compter la difficulté de conserve la position  assise sur le vélo. L’objectif de rejoindre Nevers s’apparentait alors une longue traversée du désert.

 Le 3eme, l’arrivée à Nevers interminable sous les éclairs qui fendaient l’obscurité du ciel. La recherche désespérée d’un hôtel à 3 heures du matin une heure durant. Pour finir par devoir aller dans une zone commerciale faute de trouver une chambre au centre de Nevers.

Arrivée sur la zone commerciale, nous essuyons un orage accompagné d’une pluie torrentielle qui nous trempe intégralement.

Nous trouvons enfin une chambre dans le seul hôtel dispo, un hôtel 1ere classe. Il s’avère que cette chambre est climatisée à outrance et est dépourvue de tout moyen de chauffage ou séchage…

 Le 4eme fut encore à l’occasion d’un orage de folie à Doussard, avec pluie et vent violent qui coupe court au projet d’ascension de la Colombiere. Je trouve abris sous une avancée de garage, en compagnie de Aurélien Mekil et Thibaut Langlet, 2 belles rencontres sur cette RAF. On finira chez le couple qui habite cette maison et grâce à qui nous trouverons une tente dans un camping tout proche.

Situation purement improbable et inoubliable !

Pour le 5eme moment, je retiendrais le moment où je me suis retrouvé dans un lavomatique, quasiment nu comme un vers pour mettre mes vêtements au sèche-linge après avoir subi un orage dans le col du Télégraphe. Ce qui me permis d’entreprendre l’ascension du col du Galibier presque sec. Bon la visière de la casquette Fastclub en aura pris un coup…

As-tu quelques mots pour nous parler de ton matériel ? Ton beau Dilecta bien sur ! 

Je suis effectivement soutenu par la marque Française DILECTA. Je roule avec le modèle route Leblanc.

Le cadre est constitué de tubes Colombus HSS Spirit en acier et assemblés par l’atelier CYFAC. Il s’agit donc d’un vélo artisanal et durable. Pour les périphériques il est équipé en cintre potence et tige de selle DEDA. Le groupe quant à lui est un Chorus Campagnolo.

Ceci correspond à mon éthique. L’envie de rouler avec un vélo qui ne soit pas issu d’une production industrielle de l’autre bout de la planète et constitué de matériaux durable.

J’ai roulé ce vélo sur la CORIMA, Paris-Roubaix, Bikingman Portugal, Bordeaux Paris et Race Across France. Et je dois dire que j’en suis vraiment satisfait. L’acier apporte un équilibre dynamisme et confort qui est vraiment appréciable sur les longues distances et les revêtements chaotique.

 Bon nous en sommes déjà à 4 pages, le mieux pour continuer et de venir rouler avec toi, quelles ont été tes erreurs sur cette course ? matériel, gestion ? 

Je pense que j’aurais dû partir mieux m’équiper pour la pluie sur cette épreuve. Ce qui m’aurais permis de me préserver physiquement et de pouvoir rouler de façon continue.

 As-tu un mot pour la fin ? 

   Je remercie toutes les personnes qui m’ont suivi et soutenu tout au long de cette épreuve, DILECTA et la Fastclub family, ça fait chaud au cœur !

L’ultra est une pratique qui m’apporte énormément de choses. Un mélange de rencontres, d’aventure, de voyage, de situations incroyables ainsi que la possibilité de se retrouver face à soit même dans un rapport au temps calé sur la course du soleil.

Je n’aurai jamais pu imaginer vivre autant d’aventure depuis ma 1ere course ultra en 2020. Si vous êtes tenté par l’aventure allez y foncer ! Avec de l’envie une bonne dose d’abnégation à l’entraînement vous vous ouvrirez le champ des possibles vers des aventures extraordinaires !!

Merci Christophe ! C’est dingue ! A très vite sur le vélo et bonne recup ! 

Ps : quels sont tes projets pour la suite ? 

J’envisage la 555Vercors qui a lieu fin juillet.

Faut que je trouve un gravel et que je récupère un minimum physiquement.

Je vais m’aligner sur une ultra à la maison, le Grand Tour de Lyon 400km , le 24 septembre.

 A bientôt 

 Christophe 

Suivre Christophe sur Strava : https://www.strava.com/athletes/christophe_coulomb

Sur Instagram : https://www.instagram.com/christophe_coulomb/

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