Le Bikingman Corsica de Captain Max

Chez Fastclub nous sommes une grande famille, sur le Bikingman Corsica le rendez-vous avait été pris par une grande partie de l’équipe pour festoyer ensemble pendant les 1000 km que propose le Bikingman. Attention, la course n’est pas une rigolade, 1000km pour 18000 mètres de dénivelé, soit un tour de Corse à faire le plus vite possible en passant par les montagnes ! 

De mon côté, depuis le mois de Janvier j’ai repris l’entrainement « ultradistance » et cette course était prévue comme la deuxième de l’année, 5 semaines après la Desertus Bikus. 

C’est donc avec joie que nous nous sommes tous retrouvés au check in du Bikingman, l’ambiance y était plus que sympathique ! Entre les copains de l’organisation (qui créent une ambiance sympathique et bienveillante) et les copains du club qui racontent blague sur blague, c’était la détente. Les sourires étaient franc mais derrière ça on savait tous ce qui nous attendait le lundi matin…

En aillant fini le mois précédent à la troisième place de la Desertus, j’arrivais avec beaucoup d’ambition, j’étais là pour jouer la gagne ! Le niveau est de plus en plus haut et je m’entraine pour ne pas rater le bon wagon. 

Au niveau du matériel il me fallait partir léger, la météo annoncée était tellement belle que au dernier moment j’ai décidé de ne pas partir avec ma grosse sacoche arrière, Yann de chez Supervelo m’a envoyé une sacoche 1L Altura, de quoi prendre le strict minimum. 2 Couvertures de survie, chambre à air, kit réparation, gants (obligatoire par l’organisation) une batterie externe, des barres énergétiques, des bonbons et quelques câbles, sur le vélo j’avais rajouté une pompe, mon kway et deux belles grosses gourdes !! Le poids total du vélo ? 13,2 kg avec l’eau ! C’est parfait, il ne reste plus qu’à pédaler. 

Après un bon repas du dimanche midi avec tous les copains, un peu de plage pour se détendre et un bon risotto du dimanche soir j’étais prêt !! 5h du matin c’est l’heure du départ, je bois un petit café et on prend tous ensemble le départ de la course. C’est très sympa de rouler tous ensemble sur les premiers kilomètres. 

Arrivée dans Bastia, il est l’heure d’attaquer le premier col, pour rigoler je fais une attaque tranchante aux copains ! (5h15 et 990km restant ahah) Je prends mon rythme, ça monte déjà dur, la journée va être longue, le cp1 est à 400 km et 8000 de D+. 

Je pousse fort sur le début, je sais que j’ai du mal à partir vite, je ne veux pas lâcher la tête de course, j’évolue dans le top 10, je double, je me fais doubler c’est le jeu. KM 150, il fait chaud, je commence à baisser de rythme. Je galère à trouver de l’eau à ce moment-là (pourtant il y a vraiment beaucoup de fontaine en Corse !) Enfin je trouve une fontaine au km 211 ! J’ai mal aux jambes je m’assoie et me mouille, 5 minutes après ça va mieux (il me manquait vraiment de l’eau). Je repars, 20 km plus loin je trouve un bistrot, je saute sur l’occasion, coca, café, eau gazeuse ! Ça va beaucoup mieux ! 

Je traverse le village de Ghisoni, je croise Axel devant un resto avec 3 vélos de participants, un coucou et c’est reparti ! Je suis en mode « ultradistance «, j’ai baissé en rythme mais je suis beaucoup plus régulier ! J’enchaine les km, ça se passe très bien même avec cette chaleur accablante. J’arrive en haut du col de Verde et je trouve une auberge au milieu de nulle part ! Ils me préparent en m’encourageant un sandwich à la charcuterie et au fromage Corse, un régal, je le mange en roulant. Je croise même Benoit Merchez (ancien vainqueur du Bikingman Portugal) dans la descente à ce moment-là. 

J’arrive en huitième position au cp1 après 17h40 de vélo, ça commence à faire. Je mange les pates prévues par l’organisation avec un peu de saucisson Corse ! Je passe un petit moment avec Beber (Bertrand Berger, une machine) et je repars, l’idée est de dormir le moins possible ! 

Je monte le col de Ospedale, longue montée, je suis en pleine nuit. Je bascule et me prends un grand coup de fatigue, je n’arrive pas à rester éveillé, c’est le moment de dormir ! Je vois une entrée de camping sur la droite avec de gros rochers devant, hop, je jette le vélo et me couche au sol (pas besoin de couverture de survie, il fait chaud !). Je mets le réveil 15 minutes plus tard. Ça sonne et je repars immédiatement ! Bon après quelques kilomètres je me rends compte que ça n’a pas marché, je m’endors encore sur mon vélo… Je traverse une autre ville et me retape une sieste (il doit être 3h du matin). 

Il ne me reste que quelques heures à tenir avant le lever de soleil et malheureusement je m’endors encore… Ce n’est pas une nuit très productive, les kilomètres n’avancent pas vraiment et je m’arrête une nouvelle fois. 30 minutes plus tard je repars, cette fois ci c’est la bonne ! J’arrive à reprendre du rythme, je traverse un village ou je sens l’odeur du pain chaud, un régal. J’arrive devant les plages aux premières lueurs, 500 km tout rond, je fais une vidéo et profite quelques instant avant de repartir. Après tout c’est que la mi-course. Au passage j’ai Clément au téléphone qui vient d’abandonner à cause d’un enchainement de problèmes mécaniques, pas de chance, il reviendra plus fort. 

6h30, petit déjeuné dans une station-service, 10h arrêt dans une épicerie suivie d’un café bien sur ! Le prochain CP est au km 650 à peu près. Il fait très chaud et je roule sur un rythme régulier, je vois sur le tracker que Béber est pas très loin, j’essaie de remonter petit à petit. J’arrive en haut du dernier col avant le cp et je croise Serge le Motard qui m’attend pour faire une photo et me dit que Béber me propose de manger avec lui au prochain village ! Si ce n’est pas des aventures hors normes ça ! 

On mange ensemble avec Béber et on rigole bien. Les kilomètres s’enchainent et on arrive au CP2 ou Lauriane et Mickael repartent à peine. J’en profite pour faire une grosse bise à Karine et envoyer des encouragements à Jean Marc (son mari !). Une salade Sodebo, 2 bananes, une pèche et hop c’est reparti ! Il reste que 330 kilomètres, je vais les faire à fond pour remonter les copains et copine devant. 

J’arrive sur la corniche avant Calvi et là… La surprise du chef ! Une route défoncée, on voit bien la pâte de l’organisateur Axel Carion ! Le passage fait mal de partout, les mains, le dos, les pieds et me fait même tomber la moitié d’une banane que je m’apprêtais à manger. Il est 19h, je traverse Calvi et je saute dans une boulangerie encore ouverte ! J’y mange ma meilleure quiche de la course, j’en profite pour faire le plein de bidon, je sais que la nuit va être non-stop. 

A ce moment-là j’ai redémarré ma musique et je passe quelques coups de fil, un peu de motivation de la part des personnes proches fait du bien. J’ai Clément qui me téléphone pour me donner une information capitale ! A cause de forte rafale de vent annoncé sur le cap Corse la course est raccourci, on coupe un poil plus bas, 40 km de moins et deux cols de moins. 

J’arrive au pied du col de la Bataille, je tourne à droite et là je découvre une belle route montante en béton strié (on est sur un démarrage de col très raide) En fait je découvre que le col est très très raide et très long ! A ce moment-là je suis en feu, je le monte à fond. Dans la descente avec de nombreux trous je serre les dents, ça commence à faire mal aux mains cette histoire. Pleine balle dans la descente, j’aperçois un concurrent au sol, j’ai peur pour lui, en fait c’est Mickael qui est en train de coller une rustine, rien de grave ! Je discute 2 minutes et reprends la route ! 

J’arrive dans le village de Novella, je cherche de l’eau de partout et là ! Tel un mirage je tombe sur le foyer rural ouvert avec des personnes buvant l’apéritif sur la terrasse, il est minuit, je leurs demande si je peux acheter un coca et ils m’accueillent à bras ouvert, je repars même avec un sandwich au saucisson. J’attaque le désert des Agriates pleine balle et j’aperçois même la lampe de Benoit Merchez, on discute 30 secondes et je lui dis que je remonte sur Laurianne pour la 4 ième place, je donne tout. Il reste moins de 200 km, j’alterne entre la musique et Emilie au téléphone (surtout Emilie), un chrono de 200km c’est long ! 

Heureusement les efforts payent et je remonte bien sur Laurianne, je la double même à cause ou grâce à un arrêt pipi de sa part. Je suis donc en chasse sur Swen maintenant ! Il est encore très loin mais je remonte très vite. Cette bagarre me maintient éveillé ! Je bascule sur la côte Est et commence à voir les premières lueurs de la journée. 

Finalement Swen m’a vu arriver sur les trackers (le bougre!) et a accéléré, cela stoppe ma remonté mais bon 4ieme ce n’est pas mal quand même ! Je traverse Bastia et profite du lever de soleil sur la plage juste avant l’arrivée. C’est magnifique, je profite ! 

5h41, je suis à l’arrivé !!!! Cela fait 48h41 que je suis parti et le tour de Corse est fini, 957 km pour 15700 mètres de dénivelé. Pour rester dans les chiffres, 19,7 de moyenne avec les pauses et 22 de moyenne sur le vélo ! 

Clément le malchanceux est là, axel, Cédric, j’ai droit à des applaudissements qui font énormément de bien ! Le sentiment du travail accompli est bien présent ! Je suis satisfait et j’arrive encore à faire le pitre sur les photos ! 30 minutes plus tard je suis au fond de mon lit !!!

Encore une fois le Bikingman dans tous ses aspects est une course formidable, l’ambiance, le parcours et les concurrents en fond un ensemble motivant et donne une forte envie de revenir…

Le classement officiel : https://my.raceresult.com/204177/results

La sortie sur Strava : https://www.strava.com/activities/7273320520

Le site Bikingman : https://bikingman.com/fr/

3 thoughts on “Le Bikingman Corsica de Captain Max

  • Je suis fier de mon coach perso, de lire ton résumé me rappelle ce que tu me disais pour m’entraîner. J’ai presque tout fait comme tu m’as dit sans ton talent mais j’ai rien lâché. Et puis l’esprit FastClub a fait beaucoup pour le mental , qu’elle belle famille tu as réuni autour du vélo et du café Finisher évidemment.
    Basgi amicu

    • Tu resumes bien l’etat d’esprit dans lequel nous étions tous pendant la course !

      Notre club Fastclub, que nous construisons tous petit à petit nous rend plus fort ! La preuve, 11 au départ, 10 à l’arrivée (le seul abandon est du à des problème mécanique !)

      Maintenant on a tous hate de repartir de plus belle !

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