La Désertus Bikus de Captain

La date était fixée le 23 Avril et le programme était intéressant, la traversée de l’Espagne par ses 4 déserts. Yvan l’organisateur que nous avions eu en interview avait prévu une belle course avec beaucoup de choix possible aux niveaux des routes et du matériels et cela n’a pas loupé. Il fallait faire des choix et les assumer !  

Nous voilà le Vendredi 22 au départ devant les locaux de « La Course », on en profite pour faire du café avec la Fastclub Mobile pour tous les concurrents au départ.  

J’arrive sur la course après avoir dormis en fin d’après-midi, mon vélo est prêt, mon itinéraire est prêt et j’ai mon nouveau maillot Fastclub que je vais pouvoir montrer à tous ! (Sponsor oblige) 

Question vélo j’ai choisi d’utiliser mon vélo de route habituel, après avoir étudier de très près le parcours j’ai décidé de reprendre des routes en 60mm de profil pour garder de l’inertie dans les très longues lignes droite, la météo annonçant du départ au CP2 un vent de face je me dis qu’il m’impactera moins. Etant très à l’aise avec les avant-bras sur mon guidon je ne prends pas également de prolongateur (ça sera toujours plus léger en Gravel) Choix difficile aussi, je décide de partir avec mes chaussures de route équipé de cale neuve (sachant que j’ai une portion ou je devrai pousser) Question pneu, je pars avec des 28 mm de large monté en chambre à air (avec 2 chambres de secours dans la sacoche et des rustines) Ensuite dans la sacoche c’est du classique, des lampes de secours, 2 batteries externes, des affaire de pluie, de froid, un cuissard et un maillot de secours, 2 paires de chaussettes et un Bivy et 2 couvertures de survie.  

Voilà le départ, pas mal de grand nom sont là, Adrien Leitchi,  Sofiane Sehili, Nathalie Baillon, Laurent Boursette, Stephane Ouaja pour ne citer qu’eux. Dès le départ le ton est donné, tout le monde part à fond, direct sur la nationale, la météo est menaçante mais pour le moment ça tient. Sur le suivie le peloton explose directement car pour rejoindre le CP1 il y a beaucoup de différente route. Je passe par St Étienne de Baïgorie pour traverser la frontière après être passé aux Aldudes et à Urepel. J’enchaine la descente direction Erro et là, il doit être dans les 3 heures du matin et l’orage arrive fortement, je m’arrête pour m’équiper pour la guerre. C’est bon l’orage éclate, je prends une très grosse averse sur la tête ! Il fait que quelques degrés, je continue et roule à mon rythme, j’en suis à 150 km et je commence a vraiment fatigué, ma sieste n’a pas suffi, je m’arrête dans un abri bus au bord de la route, il est 6h30 du matin, je sors ma couverture de survie, change mes chaussettes et me lance dans une sieste de 30 minutes.  

Le réveil sonne, j’ai bien dormi, j’ai un peu froid et il pleuviote mais ça va, je repars et roule jusqu’au CP1 ou l’entrée sortie en aller-retour sur la même route me permet de voir les écarts avec les concurrents (au passage je croise Laurent qui n’est pas loin derrière, Nathalie qui est devant et Charles et Tristan qui ne sont pas loin derrière aussi (ça fait plaisir de voir les copains !). Malgré mon arrêt je suis 12 ieme à passer au CP, c’est pas mal mais je comprends que la tête de course va super vite et ça va être très compliqué de les accrocher.  

Une bise à Yvan et Antoine au CP et hop c’est reparti, il ne pleut plus, le vent est de face et l’objectif est d’aller jusqu’au cp2 soit au km 470. Les ligne droite sont longues, ventées, je roule un peu avec Nathalie et je cherche un café (mais je n’en trouve pas). Quelques longs km après je suis passé dans les 10 premiers, le vent souffle fort, les gros nuages noir traverse et pour le moment je passe à travers la pluie. Au détour d’un village je vois des tables et chaise, je tape à la porte et je trouve un café communal ! C’est très sympa, on peut jouer à des jeux de sociétés, regarder la télé, je prends une assiette de tortilla, saucisson, fromage, une boite de pringles, un coca… 2,70 euros, juste avant de partir, un espagnol me montre la fenêtre et me dit quelque chose que je ne comprends pas, en fait pendant ma pause il y a eu une belle averse ! La chance !  

C’est reparti et au bout de la ligne droite je vois des copains ! Adrien et Laurent, sortant du café je reviens sur eux facilement, laurent équipé de toute ses affaires de pluie a du mal, Adrien lui est en forme mais a fait du sacré Gravel dans la boue et son vélo doit avoir 3 kilos de boue en plus ! Je les quitte car il s’arrête manger dans la ville d’après et je me lance dans une ligne droite vent de dos de 10 ou 20 km. Sur la carte à ce moment-là on voit que 7 ou 8 autres concurrents sont sur une route plus courte mais en Gravel et remontent fort !  

Je traverse Calamocha devant le grand groupe, je suis 6ieme et il me reste 80 km de ligne droite et 25 pour rejoindre Albarecin, je roule régulier, vent de face toujours, j’ai bien envie d’arriver avant le grand groupe au cp2. De toute façon une fois au cp je choisie le confort et je décide d’aller à l’hôtel, après 470 km je peux me le permettre. J’arrive devant le groupe, il est 22h30. Je mange des croquetas et file à l’hôtel, finalement je squatte dans une chambre et dors au pied du lit après une bonne douche. J’en profite pour mètres mes chaussettes et chaussure sur le radiateur ! Dans le même Hôtel, au rez de chaussé, le vélo de Sofiane, Jules, Dan…  

3h30 du matin j’ai l’impression d’avoir fini ma nuit, c’est parfait je me dis que je vais pouvoir prendre de l’avance sur les autres, 4h15 je démarre le compteur et me lance dans un col à la sortie de la ville, je retrouve Adrien et Laurent au sommet, je fais la descente avec Adrien (je m’endors sur le vélo et il fait très froid) On décide de s’arrêter au prochain village pour boire un café, ça ne devrait pas tarder à ouvrir. Bon pas de café ouvert finalement, Adrien prend quelques minutes pour manger et moi je file.  

Apres quelques km je m’aperçois que mon trackers est planté, je galère, appelle l’organisation, cherche mon câble pour charger le tracker (de l’eau coule de la jointure…) J’enchaine les km sans pose car j’ai eu l’impression le matin d’avoir gaspiller du temps et de l’énergie pour rien. Je croise Yvan et Noémie en camion qui en profite pour me raconter des blagues, prendre des photos, c’est un bon moment !  

J’arrive dans une grande ville et j’en profite pour déjeuner, coca, chocolatine et hop je repars, Adrien me rattrape sur les interminables lignes droites, on en profite pour discuter, rouler un peu ensemble et sur une bosse on se décroche. Je m’ennuie mais j’avance bien. J’en profite pour faire des stories Instagram et notamment un concours pour savoir combien de selfie je vais avoir dans mon téléphone après la course ahaha.  

Je suis en cinquième position, devant moi, le tandem, Nathalie, Stéphane et Victor. Coup de chance, à la sortie d’un village Stéphane crève, je récupère les donc, peu après ils s’arrêtent dans une station-service pour réparer un peu mieux le pneu. Je suis troisième youhouuu (mais il reste encore beaucoup de km) 

Je suis mon gps, et là, arrive un moment qui a dû faire plaisir à beaucoup de monde, je quitte la nationale et bifurque sur la droite sur une petite route. Premier étonnement, je regarde les trackers et visiblement je suis le seul sur cette route ! L’inquiétude monte et là je vérifie mon parcours, j’appelle les copains, le groupe what’s app Fastclub explose, toute l’équipe regarde si mon tracé est correct ! Je suis vraiment sur une route parallèle, les autres avancent bien de l’autres coté, je visite, passe le long d’un super lac, la route est fantastique, je remonte même ma moyenne après 350 km depuis le matin. Je sais que au bout de ma route il y a un col, avec des passages a 24% en Gravel ou il va falloir pousser le velo, c’est mon programme je n’ai plus le choix. Mon but est d’arriver deuxième au cp3. Je trouve un café en bas du col et me restaure car la nuit va être longue ! Je vais aller le plus loin possible. Je fini mon café et mon assiette de fromage avec de la pâte de coin et attaque le col pleine balle. Je passe le kilomètre à pousser à 20% de la piste de vtt enduro et fini le col sur un super chemin. J’attaque la descente pleine balle sur un gros chemin en terre, c’est parfait ! Bon finalement le coté parfait et fullspeed de la descente se termine et je vire sur des pistes de vtt remplis de cailloux, clairement ce n’est pas ouf mais c’est trop tard je n’ai pas le choix, je continue en perdant un peu de temps, c’est un long moment à passer.  

Une fois sortie de la forêt ouf, je suis encore deuxième et le concurrent qui remonte fort est Sofiane, sacré client là ! J’arrive dans le désert de Gorafe et clairement je suis en feu, je fais du cyclocross avec mon vélo de route. J’arrive sur un chemin bloqué par une rivière… Je ne connais pas d’autres itinéraire, j’enlève mes chaussures et traverse avec le vélo sur l’épaule, honnêtement je me régale dans ce carnage. J’enchaine et roule dans de la boue qui colle vraiment, je débourre à la main le coté de la fourche plusieurs fois et ça marche à peu près. J’arrive au CP ! Youhou, je passe deuxième mais Sofiane arrive ! J’enlève mes chaussures car depuis la rivière il me reste un gravier entre les orteils ahah. Je repars et là pas de chance, je reroule dans la boue et mes deux roues se bloquent, je démonte la roue avant, gratte généreusement la boue (et la peinture), pareil pour l’arrière en me dépêchant pour ne pas perde trop de temps ! 500 mètres après être repartie, je crève de l’avant… Là je le sais, Sofiane va me rattraper car passé à peine 45 minutes derrière mois au Cp.  

Je récupère la route et me lance dans la descente, il fait très froid ! J’en suis à 500 km depuis le matin, dans la descente je m’endors encore sur mon vélo… J’arrive dans une ville et décide de dormir un peu et laisser passer Sofiane pour repartir légèrement derrière en pleine forme. Je m’enroule dans ma couverture de survie de dors 20 minutes, je vois passer Sofiane et lui fais coucou, je remets le réveil pour 5 minutes et repars. Arrivé dans une grande ville je déjeune dans la boulangerie Repsol, je fais le plein des bidons et j’achète des Babibels, il ne va pas falloir s’arrêter aujourd’hui !  

Je roule sur un rythme pas incroyable mais régulier et j’ai très mal à mon genou gauche, j’arrive dans le dernier désert, il faut passer devant une ancienne gare. Assez rapidement je m’aperçois que ça ne se passe pas terrible. Le terrain est trop sablonneux je n’arrive pas à passer avec mes pneus en 28. Je pousse dans le sable avec mon genoux douloureux. Le soleil tape très fort et les kilomètres sont très long. J’arrive au cp enfin !  

Bon l’endroit est magnifique mais je souhaite qu’une seule chose, finir les 180 km de course. Ma trace pour sortir du désert est une horreur, des sentiers d’enduro vtt, ça ne roule pas, je pousse, crève de l’arrière (j’utilise ma dernière chambre à air) c’est galère. Au bout d’une ou deux heures j’arrive à récupérer la route ! Mes pneus ne sont pas super bien gonflés, j’ai mal et j’ai un fort vent de face ! J’en chie pour faire simple. Niveau classement je suis toujours troisième, Sofiane a pris le large devant et Adrien remonte derrière mais reste encore loin.  

La journée va être très longue, je m’arrête dans une grande ville, j’ai le pied droit en feu, je change mes chaussettes pour des plus fines et desserre mes chaussures. Je roule, 20 km/h de moyenne 18.5 avec les pauses mais je continue. Je me dis qu’un fort en bord de mer ça devrait rouler facile… Quelle connerie, je fais que prendre des talus qui me massacre, je donne tout dans la bataille en surveillant Adrien pour garder ma place sur le podium !  

Pour m’aider j’appelle tout le monde, ça m’occupe, je fais même un Facetime avec mes cousines. Je brule au soleil kilomètre après kilomètre, je ne peux pas enlever mes jambières ni mon maillot manche longue car sinon je brule en une seconde.  

Les derniers pétards sont très difficiles à passer, mon genou ne tourne plus… Je m’accroche et reste au téléphone pour recevoir le maximum de motivation et détourner mon esprit de la douleur.  

Enfin, j’y suis presque, dernière montée, descente, je ne peux plus pédaler, j’arrive à Nerja, sur mon compteur ma sortie depuis la veille ou j’ai dormi que 25 min sur un banc m’annonce 770 km, c’est dingue ! 

J’arrive à l’arrivé, heureux, j’arrive plus à sourire (trop brulé des lèvres) Yvan et quelques personnes sont là, je ne sais pas si je suis heureux car c’est terminé ou parce que je suis troisième. On mange ensemble une bonne entrecôte au Rocquefort avec des frites, je fini les autres assiettes de la table aussi, il était temps !!!  

Je trouve un hôtel me jette dans la douche et profite d’une nuit que je n’ai pas vu passer… Pour finir, le train que je voulais prendre n’existe plus, je trouve une solution en rentrant en bus… 22h pour rejoindre Font-Romeu et là j’apprends une nouvelle chose, ne pas prendre un bus après une course !!!!! 

Le bilan est que je me suis régalé, mon entrainement à payer, je fini sur une très belle troisième place en aillant améliorer mes statistiques et ça me confirme une chose, je vais continuer dans cette direction à 200% pour voir jusqu’où ça peut me mener !!  

Je vous remercie d’avoir lu ce compte rendu, de m’avoir félicité sur les réseaux et encouragé pendant la course. Sans vous ça serait plus difficile.  

Bisous, à la prochaine. 

https://www.strava.com/athletes/989335

8 thoughts on “La Désertus Bikus de Captain

      • Mais c’est pas possible ! J’aurai du te reconnaître en plus ! 28 Mai par contre ! Le prochain coup crie, Max c’est Francois de Suisse !

  • Jean-Marc Orus says:

    En te lisant, on ressent aussi bien le plaisir que tu as eu à participer à ce premier Desertus, que la douleur que tu soulignes à peine…et pourtant elle était bien là, car toi qui sourit tout le temps, qui a toujours la banane ( je ne parle pas de celle de Georges) tu arrives au bout de ce périple sur le podium et tu ne peux même plus vraiment sourire.
    La fatigue, la douleur sont plus fortes que l’immense bonheur qui t’habite sûrement à cet instant.
    Tu n’étais pas là pour acheter du terrain, comme on dit, ni des cactus car ça pique grave, peut-être pour les chanter comme Dutronc « Aïe, aïe, aïe, ouille, ouille, ouille, aïe »!!!
    Dans ta vie de cycliste désormais il y a des cactus
    Grand bravo à toi mon coach.

  • Bravo encore Maxime 💪💪💪 et merci pour ce récit ( du fond de mon canapé, je m’y croyais 😂)
    Tu n’as pas fini de revivre cette course… du moins, jusqu’à la prochaine 😉

  • Une source d’inspiration incroyable et inépuisable et comme dirait Sylvain Tesson « L’aventure n’est morte que dans l’esprit de ceux qui n’ont aventuré nulle part ni leur esprit ni leur corps »
    🙏🏼🙏🏼🙏🏼 Merci pour ce voyage!

  • Très sympa de t’avoir suivi et de te lire maintenant avec les détails que ns n’avions pas. C’est vraiment un sacré aventure que tu gères à merveille !!
    Notre papi serait fier !!!
    Bravo champion…

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